Analyse du rapport IGA/CGefi

Analyse du rapport IGA/CGefi « Causes et conséquences de la fragilité économique du secteur de la sécurité privée ». 📚

3 mois se sont écoulés depuis que QCM publiait un article intitulé « Une reconnaissance à la hauteur des mérites de la sécurité privée ». Une analyse autour du rôle à jouer par les certifications qualité pour endiguer la pratique du « moins-disant ».

 

Le 23 juillet 2026, l’Inspection Générale de l’Administration (IGA) et le Contrôle Général Économique et Financier (CGefi) ont publié un rapport sur les causes et conséquences de la fragilité économique du secteur de la sécurité privée et l’opportunité d’une intervention publique renforcée.

 

Retour sur la publication de ce rapport en lien avec les propos tenus par QCM début mai 2026.

 

1. Le secteur de la surveillance humaine : un marché sous pression

 

Nous écrivions au printemps dernier que les entreprises de surveillance humaine font face, notamment, à des difficultés dans le cadre de leurs revalorisations tarifaires, que le critère technique est souvent insuffisamment jugé au regard du critère du prix ou encore que les certifications qualité sectorielles ne sont pas assez reconnues (cf. Article QCM).

 

Ces constats sont repris dans le rapport IGA/CGefi : 

  • Les clauses de révision de prix apparaissent « déconnectées des réalités économiques du secteur » ;
  • La sélection des prestataires dans l’attribution d’un marché « demeure largement dictée par une logique de coût, au détriment de la valeur techniques des prestations » ;
  • Il n’existe pas encore aujourd’hui de « certification reconnue pouvant guider les acheteurs dans la qualité des prestations retenues ».

Le rapport précise, par ailleurs, que « le donneur d’ordre demeure l’acteur pivot de la chaîne de sécurité, tant par sa capacité à définir le besoin que par son pouvoir de contrôle sur l’exécution des prestations ». 

 

Une notion importante qui induit que, peu importe les leviers actionnés pour améliorer la santé du secteur de la sécurité privée, il est primordial d’inclure les donneurs d’ordre dans les processus de décisions et d’actions

 

2. Quelles pistes à explorer ?

 

Le rapport IGA/CGefi énonce différentes recommandations : 

  • Confier au CNAPS une mission d’observatoire du secteur de la sécurité privée (n.°1) ;
  • Revoir l’article L.611-1 du code de la sécurité intérieure pour mieux identifier les différentes catégories d’activités privées de sécurité (n.°2).
  • Confier au Médiateur des entreprises une mission sur les pratiques de marché et leurs améliorations dans le secteur de la sécurité privée (n.°5).
  • Limiter la sous-traitance à un rang pour les seules activités de surveillance humaine et de gardiennage (n.°7).

Un levier en particulier a retenu notre attention, puisqu’il constitue une piste suggérée par QCM depuis plusieurs années maintenant : « le développement de référentiels métiers permettraient une meilleure prise en compte de la qualité de service ».

 

Par le biais du Médiateur des entreprises, cela ouvrirait la voie à une nouvelle réflexion quant à la refonte, révision ou fusion des certifications sectorielles de la sécurité privée, qui, pour rappel, sont datées de 1998 pour l’une (NF.241) et 2009 pour l’autre (QualiSécurité).

 

Ainsi, le rapport IGA/CGefi contribue à mettre en lumière les propositions d’actions énoncées par QCM, qui permettraient, à moyen et long-terme, d’améliorer la santé économique du secteur de la sécurité privée, par une meilleure reconnaissance des prestations réalisées et de la qualité de service délivrée.

 

La sécurité privée constitue aujourd’hui un jalon essentiel du continuum de sécurité, et il est primordial de la reconnaître à sa juste « valeur ».

 

QCM s’inscrit dans cette logique et apportera sa pierre à l’édifice pour participer aux discussions et faire avancer les échanges…

 

Sources : 

- Rapport IGA/CGefi de mars 2026.

- Article QCM - "La sécurité privée : un métier assez reconnu ?".

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